ILLIMI Niger : 100 professionnels formés pour mettre l’intelligence artificielle au service de la paix, de la résilience et du développement

le Niger franchit une nouvelle étape dans sa transformation numérique en formant une première génération de praticiens de l’intelligence artificielle appliquée

Grâce au soutien du Fonds des Nations Unies pour la Sécurité Humaine, le Niger franchit une nouvelle étape dans sa transformation numérique en formant une première génération de praticiens de l’intelligence artificielle appliquée à la sécurité humaine.

Une nécessité stratégique dans un monde en mutation

Le Niger évolue dans un environnement marqué par des défis multiples et interdépendants : insécurité, déplacements forcés de populations, changements climatiques, pressions démographiques, vulnérabilités économiques et crises humanitaires. Dans un tel contexte, la capacité à collecter, analyser et exploiter les données en temps réel constitue un levier essentiel pour anticiper les risques, orienter les politiques publiques et protéger les populations les plus vulnérables.

Conscient de cette réalité, le Gouvernement du Niger et le Système des Nations Unies ont engagé, avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Sécurité Humaine (UNTFHS), une initiative ambitieuse visant à renforcer la gouvernance fondée sur les données et l’innovation numérique au service de la sécurité humaine.

Cette ambition se concrétise à travers le projet ILLIMI Niger, dont le nom signifie « connaissance » ou « intelligence » en langue haoussa. Le projet vise à mettre en place une plateforme nationale de données multisectorielles permettant de renforcer l’analyse, la coordination et la prise de décision entre les institutions nationales et leurs partenaires.

Dans le cadre de cette dynamique, une formation intensive en Intelligence Artificielle appliquée à la Sécurité Humaine a été organisée à Niamey du 1er au 12 juin 2026. Première initiative de cette envergure dans le pays, elle marque une étape importante dans la construction d’un écosystème national de compétences numériques au service du développement durable, de la prévention des crises et de la résilience.

Comme l’a rappelé Mme Djanabou Mahondé, Coordinatrice Résidente par intérim du Système des Nations Unies au Niger, lors du lancement officiel de la formation :

« En investissant aujourd’hui dans les compétences, les données et l’innovation, nous investissons également dans une gouvernance plus efficace, une meilleure prévention des crises et un avenir plus résilient pour les populations du Niger. »

Une mobilisation exceptionnelle autour d’une vision commune

La formation a suscité un intérêt remarquable. Plus de 250 candidatures ont été enregistrées pour seulement 100 places disponibles dans les cohortes principales, illustrant l’engouement croissant des institutions nigériennes pour les technologies émergentes et les approches innovantes de gestion des données.

Au total, 100 professionnels ont bénéficié du programme, incluant les participants aux sessions principales ainsi qu’à la Formation des Formateurs (ToT).

Les participants provenaient d’institutions clés de l’État, notamment la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP), le Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, la Direction Générale de la Planification et de la Programmation du Développement, la Cellule d’Analyse Stratégique Economique, Financière, Sociale et Environnementale (CASEFSE), l’Institut National de la Statistique, l’Agence Nationale pour la Société de l’Information, ainsi que de plusieurs agences du Système des Nations Unies, de la Banque mondiale et d’organisations de la société civile.

Cette diversité institutionnelle constituait un objectif en soi. En réunissant des spécialistes des politiques publiques, de la sécurité humaine, du développement, des statistiques et de l’action humanitaire autour d’outils communs, le projet ILLIMI favorise l’émergence d’un langage partagé de la donnée et renforce la collaboration entre institutions.

La participation de professionnels âgés de 22 à plus de 50 ans démontre également que la transformation numérique ne repose pas uniquement sur les nouvelles générations. Elle s’appuie sur la complémentarité entre expertise métier, expérience institutionnelle et innovation technologique.

Transformer les compétences pour transformer les institutions

Conçue selon une approche résolument pratique, la formation reposait sur un modèle pédagogique associant 70 % d’exercices appliqués et 30 % d’apports théoriques.

Pendant deux journées intensives, les participants ont découvert comment mobiliser l’intelligence artificielle pour analyser des bases de données, synthétiser des documents complexes, produire des notes de briefing, élaborer des rapports ou encore générer des visualisations adaptées aux besoins des décideurs.

L’ensemble des exercices a été réalisé à partir de données et de documents réels issus des institutions participantes, garantissant une applicabilité immédiate des compétences acquises.

Les résultats de l’évaluation finale témoignent de la pertinence de cette approche :

  • 100 % des participants déclarent avoir acquis des connaissances directement applicables dans leur travail ;
  • 95 % recommanderaient la formation à leurs collègues ;
  • la quasi-totalité des participants estime que l’intelligence artificielle peut contribuer à améliorer leur efficacité professionnelle et la qualité des services rendus aux populations.

Au-delà des chiffres, les témoignages recueillis illustrent le potentiel transformateur de l’initiative.

Pour Aminou Nafiou, Chef du Département de Prospective Numérique à l’ANSI, la formation ouvre la voie à « une transition d’une gestion intuitive vers un pilotage fondé sur les données », permettant aux institutions de mieux anticiper les besoins et d’éclairer les décisions stratégiques.

Dans la région de Tillabéri, Rachid Awal Issa, Coordinateur du bureau terrain de l’UNFPA, envisage déjà l’utilisation des outils présentés pour accélérer l’analyse des données de terrain et améliorer la qualité des rapports destinés à orienter les interventions humanitaires.

Ces exemples illustrent une réalité essentielle : l’intelligence artificielle n’est pas présentée comme une technologie abstraite ou futuriste, mais comme un outil concret au service des missions quotidiennes des institutions publiques et des acteurs du développement.

Un investissement stratégique du Fonds des Nations Unies pour la Sécurité Humaine

Le soutien financier du Fonds des Nations Unies pour la Sécurité Humaine a été déterminant dans la réalisation de cette initiative.

Au-delà de l’organisation de la formation, cet investissement a permis de développer une approche intégrée combinant infrastructures numériques, renforcement des capacités et accompagnement au changement.

Le véritable impact du financement ne réside toutefois pas uniquement dans le nombre de personnes formées. Il réside dans les capacités durables qui ont été créées au sein des institutions partenaires.

Chaque participant repart avec un plan d’action concret visant à intégrer les outils et méthodes acquis dans son environnement professionnel.

Parallèlement, la Formation des Formateurs organisée en marge des cohortes principales a permis de constituer un premier noyau de formateurs nationaux certifiés en intelligence artificielle appliquée à la sécurité humaine. Ces formateurs auront pour mission de diffuser les connaissances acquises au sein de leurs institutions respectives dans les semaines et mois à venir.

Enfin, la plateforme ILLIMI, son assistant IA local, ses bibliothèques documentaires et ses outils d’analyse resteront accessibles aux institutions partenaires, garantissant la continuité des apprentissages et l’appropriation progressive des innovations introduites.

L’investissement du Fonds contribue ainsi à la création d’un écosystème national capable de produire des résultats bien au-delà de la durée de l’activité financée.

Des résultats aujourd’hui, des transformations demain, des effets possibles à court terme

Dans les semaines qui suivent la formation, de nombreux participants devraient commencer à intégrer l’intelligence artificielle dans leurs activités quotidiennes : rédaction assistée de rapports, synthèses documentaires, analyse de données de terrain, préparation de notes stratégiques ou encore automatisation de certaines tâches répétitives.

Ces premiers usages contribueront à améliorer la productivité individuelle et à susciter l’intérêt d’autres collègues au sein des institutions participantes.

Des effets probables à moyen terme

Grâce à la cascade de formations prévue par les formateurs certifiés, plusieurs centaines de professionnels supplémentaires pourraient être sensibilisés et formés à l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle.

La collaboration entre institutions autour des données devrait également se renforcer grâce à l’émergence de méthodes communes d’analyse, de partage et d’exploitation de l’information.

L’utilisation accrue des outils numériques pourrait progressivement améliorer la qualité des analyses produites, réduire certains délais de traitement et renforcer l’efficacité des processus décisionnels.

Des effets plausibles à long terme

À plus long terme, cette initiative pourrait contribuer à transformer durablement la culture de gestion des données au Niger.

Une nouvelle génération de cadres, d’analystes et de décideurs maîtrisant les outils numériques avancés pourrait progressivement favoriser une approche davantage fondée sur l’anticipation, l’analyse prédictive et l’évidence.

Derrière chaque donnée mieux collectée, mieux analysée et mieux utilisée se trouvent des décisions publiques plus éclairées, des interventions humanitaires plus rapides, une meilleure identification des populations vulnérables et une allocation plus efficace des ressources limitées.

À terme, les principaux bénéficiaires de cette transformation seront les communautés nigériennes elles-mêmes, dont les besoins pourront être mieux compris, mieux anticipés et mieux pris en compte.

Une communauté nationale de pratique pour pérenniser les acquis

L’une des forces du modèle ILLIMI réside dans sa vision de long terme.

La formation organisée en juin 2026 ne constitue pas une activité isolée, mais le point de départ d’une dynamique nationale d’apprentissage et d’innovation.

La future Communauté de Pratique IA – ILLIMI Niger réunira les formateurs certifiés, les praticiens de l’intelligence artificielle et les institutions partenaires autour d’un espace permanent d’échange, de partage d’expériences et d’apprentissage collaboratif.

Cette communauté permettra de diffuser les bonnes pratiques, de documenter les innovations développées localement et d’accompagner l’émergence de solutions adaptées aux réalités nigériennes.

En favorisant les échanges entre pairs et l’apprentissage continu, elle contribuera à transformer un investissement ponctuel en un capital institutionnel durable.

Ce qu’ils en disent

« L’intelligence artificielle n’est pas une menace pour votre expertise : elle est un amplificateur de votre intelligence, de votre expérience et de votre jugement. »

Général de Brigade Amadou Diddili, Président de la HACP

« Nous passons d’une gestion intuitive à un pilotage par la donnée. »

Aminou Nafiou, Chef du Département Prospective Numérique, ANSI

« J’espère voir une meilleure identification et un suivi renforcé des femmes enceintes et des cas de VBG dans les zones difficiles d’accès, ainsi qu’une réduction des délais de réponse humanitaire. »

Rachid Awal Issa, Coordinateur du bureau terrain UNFPA Tillabéri

« On espère avoir une cohorte de personnes qui auront implémenté ces solutions dans leurs métiers et gagné en temps comme en productivité. »

Idriss Laouali Abdou, Formateur international et consultant en intelligence artificielle

Investir dans les compétences, les données et l’innovation pour accompagner la transformation du Niger

La formation organisée en juin 2026 n’est pas l’aboutissement du projet ILLIMI ; elle en marque le véritable point de départ.

Les compétences acquises vont désormais se diffuser à travers les institutions partenaires, alimenter une communauté nationale de pratique et contribuer à l’émergence d’une culture de décision fondée sur les données.

Dans un monde où les crises deviennent plus complexes et plus interdépendantes, investir dans les capacités humaines, les données et l’intelligence artificielle n’est plus seulement une opportunité. C’est une condition essentielle pour renforcer la résilience des institutions et mieux protéger les populations.

Grâce au partenariat entre le Gouvernement du Niger, le Système des Nations Unies et le Fonds des Nations Unies pour la Sécurité Humaine, le Niger pose aujourd’hui les fondations d’un avenir où l’innovation numérique devient un moteur de paix, de prévention des crises et de développement durable.

ILLIMI Niger : Nakou né,  namou né, Na kowa né !

Projet ILLIMI Niger — « Renforcement de l’utilisation des données pour la prévention, l’atténuation et la réponse aux crises » — Projet conjoint Gouvernement du Niger / Système des Nations Unies, financé par le Fonds des Nations Unies pour la Sécurité Humaine (UNTFHS).

Ecrit par : Florence Fatouma AFAGNIBO

Development Coordination Officer, Data Management And Results Monitoring & Reporting UNRCO Niger

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